Fêtes gastronomiques et festivals du Gers : l’agenda 2026 pour ne rien rater

Vivre dans le Gers ou y passer quelques jours, ça revient vite à caler son emploi du temps sur celui des éleveurs, des vignerons et des comités des fêtes. Le département tourne autour d’un calendrier de marchés, de feria et de fêtes de village qui se transmettent depuis des générations. Quand on parle de fêtes gastronomiques festivals Gers agenda, on parle en réalité d’une année entière rythmée par des rendez-vous très concrets, avec des dates précises, des lieux qu’on retrouve d’année en année, et une mécanique gourmande qui ne s’arrête jamais vraiment.
Ce guide reprend les rendez-vous mois par mois pour 2026, en distinguant les marchés au gras qui occupent l’hiver, les ferias et fêtes du printemps, les grands festivals d’été comme Jazz in Marciac ou Tempo Latino, et les événements autour de l’Armagnac et du melon en fin de saison. L’idée : pouvoir poser ses dates en avance, réserver une chambre dans une commune voisine, et arriver avec un plan B au cas où le programme officiel change à la dernière minute (ça arrive plus souvent qu’on ne le pense).
Pourquoi le Gers se vit autant à table qu’en festival
Dans le Gers, la culture festive et la gastronomie ne se séparent pas. Une fête de village finit toujours autour d’un repas. Un festival prévoit toujours sa zone restauration avec des producteurs locaux. Et une bonne partie des « festivals » gersois sont en réalité des fêtes gastronomiques déguisées : on y vient pour la musique ou la course de vaches, on y reste pour le magret au feu de bois et le verre de Côtes de Gascogne.
Le département compte 32 cantons et plus de 460 communes. Chaque village a sa fête patronale entre mai et septembre. À côté de ça, on trouve des rendez-vous d’envergure nationale comme Jazz in Marciac (jusqu’à 250 000 visiteurs sur deux semaines) et des marchés au gras qui n’ont pas bougé d’un iota depuis l’après-guerre. La densité gastronomique du Gers est l’une des plus fortes de France : c’est le premier département producteur de foie gras, le berceau de l’Armagnac et du Floc de Gascogne, et le cœur historique de la Gascogne.
Pour mieux comprendre les spécialités culinaires qui font la renommée du Gers, il est essentiel de plonger dans ses traditions festives.
L’hiver gourmand : les marchés au gras, colonne vertébrale du calendrier
D’octobre à mars, l’agenda gersois est dominé par les marchés au gras. Trois villes se partagent l’essentiel du trafic : Samatan, Gimont et Eauze. Mauvezin et Auch en organisent aussi, à plus petite échelle.
Samatan est considéré comme la capitale française du foie gras frais. Le marché s’y tient le lundi matin, sous la halle au gras de la rue Marengo. Le marché aux carcasses ouvre à 9h30, le marché aux foies gras enchaîne à 10h30. La saison court d’environ fin octobre à fin mars. On y croise aussi bien des particuliers qui viennent acheter leur canard pour les fêtes que des restaurateurs et des grossistes. Les prix se font à la criée, ça discute en gascon, c’est tout sauf une attraction touristique aseptisée.
Gimont prend le relais le vendredi matin, sous la halle médiévale en bois classée. Même principe, même horaire (10h pour les carcasses et les foies). La halle date du 14e sièclé, et on y trouve aussi des canards entiers, des magrets, des manchons et des aiguillettes.
Eauze organise son marché le dimanche matin, à la halle Belle-Marie, à partir de 10h. C’est le seul des trois à se tenir un week-end, ce qui en fait le plus accessible pour les visiteurs venus de Toulouse, Bordeaux ou Tarbes pour la journée.
À noter pour 2026 : les marchés au gras de la saison 2025-2026 reprennent à compter du 22 septembre 2025 environ et tournent jusqu’au dimanche des Rameaux fin mars. Pour la nouvelle saison qui s’ouvrira en octobre 2026, les dates exactes sont communiquées vers la mi-août par chaque mairie.
Janvier-février : Saint-Vincent et la fin de saison des marchés
Janvier marque la Saint-Vincent des Vignerons à Eauze. La fête tombe traditionnellement le dernier week-end de janvier ou le premier de février, autour de la Saint-Vincent (22 janvier). Le programme : messe avec bénédiction des vins, défilé en costume des confréries, repas gascon dans la salle des fêtes, et bien sûr dégustation des vins de Côtes de Gascogne et de l’Armagnac. C’est l’une des rares occasions où on voit toutes les confréries du Sud-Ouest réunies en une journée.
Février, mois plus calme, garde quand même les marchés au gras hebdomadaires. Quelques communes organisent leur fête patronale d’hiver, avec repas à la salle des fêtes (souvent garbure, daube de canard ou cassoulet). Le carnaval d’Auch, fin février, propose son traditionnel défilé et un goûter sur la place de la Libération.
Mars : la fin des marchés au gras et les premières fêtes du printemps
Mars referme la saison des marchés au gras. Le dernier marché de Samatan se tient mi à fin mars selon les années. C’est aussi le mois des premières feria de printemps et des fêtes des fleurs. La Fête des Fleurs à Castéra-Lectourois, le 10 mai 2026, ouvre la saison florale et gastronomique avec ses étals de plantes et ses producteurs locaux qui proposent confitures, jus de fruits et apéritifs maison.
Avril-mai : la Fête du Magret et les premiers grands rendez-vous
Avril, c’est Pâques. À Nogaro, les Coupes de Pâques se courent sur le circuit du 4 au 6 avril 2026. Manche d’ouverture du championnat de France de courses de motos, l’événement attire 25 000 personnes sur trois jours. Côté gastronomie, les buvettes proposent ventrèche grillée, sandwich de magret et frites maison. Pas un festival gastronomique au sens strict, mais un moment où la convivialité gasconne tourne à plein régime.
Mai concentre les rendez-vous gourmands. À Saramon, la Fête du Magret tombe le 19 mai 2026. Une journée entière dédiée au magret de canard, avec démonstrations de préparation, dégustation, repas champêtre sur la place du village et marché de producteurs. Cette fête revient chaque année autour du 19 mai, en mémoire d’André Daguin, le chef qui a inventé le magret moderne en 1959.
Toujours en mai, le Festival des Terres Solidaires à Lectoure se tient du 8 au 10 mai 2026. Trois jours d’ateliers, conférences et spectacles autour de l’agroécologie, avec un volet alimentation locale très présent. Marché des producteurs, repas bio à prix libre, projections de films. L’entrée est gratuite.
Le 53e Festival de Bandas y Peñas à Condom occupe les mêmes dates (8 au 10 mai). Les bandas (fanfares de rue) animent toute la ville pendant trois jours. Côté tables, les bars et restaurants sortent leurs étals dans la rue. C’est un avant-goût des grandes feria estivales.
À Vic-Fezensac, la Feria de Pentecôte (23-25 mai 2026) lance officiellement la saison des feria gascones. Trois jours de courses landaises, de repas géants en plein air et de bodegas. Comptez 50 000 personnes sur le week-end, et un budget repas raisonnable autour de 15 à 20 euros le menu complet.
Fin mai, Cazaubon ouvre sa Fête du Lotus le 31 mai. Marché d’artisans, balades à poney, escape game et concerts dans une ambiance plus douce que les feria voisines.
Juin : feria, fêtes votives et premiers melons
Juin enchaîne les fêtes locales. Lectoure fête l’Empire les 6 et 7 juin 2026 avec reconstitution napoléonienne, marché aux saveurs et bal costumé. La ville se transforme en bivouac impérial, et les restaurateurs proposent des menus « à la Napoléon » pour l’occasion.
Plus discrètement, c’est aussi le mois où les premiers melons de Lectoure apparaissent sur les marchés (à partir du 15 juin environ). Le melon de Lectoure n’a pas d’IGP officielle mais bénéficie d’une notoriété locale forte, portée par la confrérie du melon créée en 1985.
Tout le mois, les fêtes patronales s’enchaînent dans les villages : Brugnens (15-17 mai), Crastes (31 mai), Goutz (6-7 juin), Bezues-Bajon (13-14 juin), Cadeilhan (20-21 juin), Savignac-Mona (26-28 juin)… Si vous logez dans un gîte, demandez à votre hôte la liste des fêtes du coin. Vous trouverez toujours une bandas et un repas à 15 euros à 5 km de chez vous.
Juillet-août : Jazz in Marciac, Tempo Latino et la Fête du Melon
L’été est dense. Trois grands festivals occupent l’espace.
Tempo Latino à Vic-Fezensac (24-27 juillet 2026) est le premier festival latino-américain de France. Salsa, cumbia, reggaeton, capoeira… La ville se transforme en bodega géante, avec une programmation gastronomique mexicaine, cubaine et colombienne. Comptez 35 000 spectateurs sur quatre jours.
Jazz in Marciac s’étire du 20 juillet au 5 août 2026. Plus gros festival de jazz d’Europe, avec environ 250 000 visiteurs sur deux semaines. La gastronomie y prend une place énorme : 70 restaurants éphémères ouvrent dans le bourg, des chefs étoilés viennent cuisiner sous chapiteau, et la halle aux grains se transforme en bistrot géant. Le menu type tourne autour de 25 à 35 euros à midi, plus pour les dîners-concerts.
Du côté de Mirande, le New Mirande Country & Rock Festival (10-14 juillet 2026) ramène depuis 2024 l’esprit du défunt Country in Mirande. Cinq jours, scène géante, et toujours la fameuse « soupe à l’oignon » servie à 4h du matin par les bénévoles.
Le 14 août, Lectoure célèbre la Fête du Melon. Concours du meilleur producteur de l’année, dégustation à volonté, repas place du Bastion, et bal nocturne. La fête tombe toujours le 14 août, juste avant l’Assomption. C’est l’un des rendez-vous les plus authentiques du calendrier gersois, sans surenchère touristique.
Du 26 au 31 août 2026, les Fêtes de Cazaubon tiennent le pavé pendant six jours. Bandas, peñas, courses landaises, repas dans les rues. C’est la dernière grosse feria de l’été.
Septembre-octobre : vendanges, Circa et premiers gibiers
Septembre marque les vendanges en Côtes de Gascogne et dans l’Armagnac. Plusieurs domaines ouvrent leurs portes pour des journées vendanges participatives, autour de Eauze, Condom, Montréal-du-Gers et Nogaro. La Saint-Vincent d’été se fête à Riscle autour du 20 septembre.
Mi-septembre, certaines communes redémarrent aussi leurs marchés gourmands de soir (Mauvezin, Saramon, Lupiac), tradition gasconne où on achète son repas auprès de plusieurs producteurs et où on mange à des tablées communes. L’ambiance est plus calme qu’en juillet-août, l’air plus frais, et les prix moins tendus.
Octobre, c’est le retour officiel des marchés au gras. Samatan rouvre généralement son marché du lundi vers le 26 ou le 27 octobre. Gimont reprend le vendredi suivant.
À Auch, CIRCa – Festival du Cirque Actuel se tient du 17 au 23 octobre 2026. Festival de cirque contemporain de référence européenne, avec une zone restauration importante. Les producteurs gersois s’installent autour du Mouzon (chapiteau historique) pendant toute la durée du festival.
Novembre-décembre : la Flamme de l’Armagnac et les marchés de Noël
Novembre, le mois des distillations. La Flamme de l’Armagnac est l’événement à cocher : le 14 novembre 2026 à Domaine Saint-Martin (Réans), avec relais sur d’autres domaines de l’AOC. Visite des alambics en activité (la flamme est allumée chaque année à la même date depuis 1947), dégustation des nouveaux millésimes, repas gascon préparé par les chefs locaux. Comptez 60 euros pour la journée complète. Réservation impérative, ça part vite.
Mi-novembre à mi-décembre, les marchés au gras tournent à plein régime pour les fêtes. Sur Samatan, le lundi avant Noël est l’un des plus grosses journées de l’année (parfois plus de 5 tonnes de foie gras vendues en deux heures).
Décembre, ce sont les marchés de Noël d’Auch, Condom, Lectoure et Mirande, avec une production locale très présente : conserves, foies gras, Floc de Gascogne, miel, pruneaux d’Agen (oui, parfois on déborde un peu). Les tarifs sont parfois 15 à 20% plus avantageux qu’en boutique parisienne, surtout pour le foie gras entier.
Les marchés au gras en pratique : ce qu’il faut savoir
Le marché au gras n’est pas un marché classique. Voici ce qui change.
Les ventes se font à la criée pour les carcasses entières, à l’unité ou au kilo pour les foies. Les prix sont libres, ils varient selon l’arrivage et la demande. En 2025-2026, comptez environ 55 à 75 euros le kilo pour un foie gras frais entier non transformé, contre 85 à 100 euros en boutique préparée.
Apportez une glacière. Les vendeurs n’en fournissent pas, et les foies frais doivent rester sous 4 °C. Le trajet retour ne doit pas dépasser deux heures sans glace.
Pas de paiement par carte chez la majorité des producteurs. Prévoyez du liquide, ou un chéquier (encore accepté dans le Gers, ça en surprend toujours certains).
Arrivez tôt. Le marché de Samatan finit officiellement à 13h, mais les meilleurs lots partent dans l’heure qui suit l’ouverture. À 11h30, les producteurs commencent à plier leur banc.
| Marché | Jour | Lieu | Horaire |
|---|---|---|---|
| Samatan | Lundi | Halle au gras | 9h30 carcasses, 10h30 foies |
| Gimont | Vendredi | Halle médiévale | 10h carcasses et foies |
| Eauze | Dimanche | Halle Belle-Marie | 10h carcasses et foies |
| Mauvezin | Mercredi | Place de la Mairie | 9h30 |
| Auch | Jeudi | Place de la Libération (saison) | 9h |
Combiner festival, étape gourmande et hébergement : nos conseils
Loger pendant un festival comme Jazz in Marciac demande de s’y prendre 4 à 6 mois en avance. Les chambres d’hôtes du bourg affichent complet dès mars. Solution : élargir à 15-20 km de rayon (Plaisance, Riscle, Aignan, Termes-d’Armagnac) et privilégier les gîtes ruraux. Les prix y sont 30 à 40% plus bas qu’en plein bourg pendant le festival.
Pour combiner festival et table, voici ce qui fonctionne bien.
Si vous venez pour la Fête du Melon de Lectoure (14 août), réservez une table à l’avance dans un restaurant du centre-ville. Le Bastion et le Café de la Ville sont les deux adresses les plus prises ce jour-là.
Pour Jazz in Marciac, les concerts gratuits du chapiteau du soir se combinent bien avec un dîner à 18h dans un restaurant du tour de la place. Trouvez votre table avant 17h, mangez vite, retournez sur la place pour 21h.
Pendant les marchés au gras, le bon plan c’est de manger sur place. À Samatan, le bar du marché sert un menu canard à 18 euros tout compris dès 11h. À Gimont, le restaurant Côté Halle propose un menu marché à 22 euros le vendredi midi.
Quelques bons réflexes avant de venir
Vérifiez les dates auprès des offices de tourisme la semaine précédant votre venue. Une fête patronale peut être déplacée pour cause de météo, deuil ou problème logistique. Les sites comme tourisme-gers.com et guide-du-gers.com sont à jour, mais les comités des fêtes communiquent parfois en dernière minute sur Facebook uniquement.
Apportez du cash. Le Gers a beau être moderne, dans les fêtes de village les buvettes et les producteurs ne prennent pas la carte dans 80% des cas. Distributeurs : Auch, Condom, Lectoure, Mirande, Vic-Fezensac, Samatan. Ailleurs, c’est plus aléatoire.
Côté tenue, prévoyez un tenue blanche et rouge si vous allez à une feria. Ça fait partie du dress-code, et vous éviterez de vous sentir touriste. Pour le reste, casquette, lunettes de soleil et chaussures fermées (les pavés des bastides sont traîtrès).
Et surtout, prenez le temps. Une fête gasconne, ça ne se consomme pas en deux heures. Le rythme local veut qu’on commence à 11h, qu’on déjeune à 13h30, qu’on fasse la sieste, et qu’on reparte à 18h pour les concerts. C’est dimanche tout le temps. Ça change de Paris.







